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Histoire du féminisme : Dhuoda, belle-fille de saint Guilhem et autres femmes de caractère au Moyen Âge

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Martin GRAVEL
Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis

Jean MEYERS
Université Paul Valéry – Montpellier

Claudie DUHAMEL-AMADO
Centre National de la Recherche Scientifique – Toulouse Le Mirail

Emmanuelle SANTINELLI-FOLTZ
Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis

Danièle IANCU-AGOU
Nouvelle Gallia Judaica, Montpellier, LEM, CNRS, UMR 8584

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Préface de Jacques FRAYSSENGE
Conservateur du Patrimoine
Docteur en Histoire HDR.

« Femmes d’exception au Moyen Âge », tel a été le thème du colloque organisé lors des commémorations du 1200e anniversaire de la mort de Guilhem, saint fondateur de l’abbaye de Gellone. La présente publication est le résultat d’une démarche originale d’historiens, de chercheurs qui cette fois, contrairement aux précédentes rencontres, n’ont traité ni de la personnalité de Guillaume d’Orange, ni de l’architecture ou de la sculpture de l’abbaye mais plutôt des figures de femmes dans une société du Moyen Âge dominée par les hommes, en proie à la violence et à la servitude.

Cinq médiévistes de renom nous font découvrir dans cet ouvrage des femmes qui exerçaient pouvoir et influence, des femmes qui agissaient, qui étaient respectées et reconnues dans la société où elles vivaient. Jean Meyers, dans son étude du Liber Manualis (Manuel pour Mon Fils) de la comtesse Dhuoda, nous montre une princesse carolingienne, épouse de Bernard de Septimanie et belle-fille de saint Guilhem, cherchant dans l’écriture à combler sa solitude forcée à Uzès et à tenir, malgré l’absence douloureuse de son fils, son rôle de mère. Aucune femme comme elle, cultivée, raffinée n’a écrit, à cette époque, un traité appartenant à un genre réservé jusqu’alors à des clercs. Son Manuel va bien au-delà d’un traité d’éducation car il est empreint de considérations politiques lucides et courageuses sur les puissants de son temps.

Autre femme, autre princesse mais cette fois, de la France du Nord : Liégearde qui, grâce à Emmanuelle Santinelli, nous apparaît largement au service des hommes tout en confortant sa place et son autorité au fil de ses deux mariages et de ses deux veuvages. Les personnalités de Liégearde et de Dhuoda détonnent au sein de ce monde aristocratique carolingien, engoncé dans ses réseaux de puissance et d’intrigues et Martin Gravel sait bien nous faire comprendre les jeux politiques princiers, leur formation, leur recomposition, leur réalité mouvante.

Du Languedoc il en est encore question avec ces femmes de l’aristocratie châtelaine établie entre Lodève, Montpellier, Agde et Béziers, de souche guilhemide. Claudie Duhamel-Amado montre bien qu’aux alentours de l’an 1000 et au-delà, s’amorce une orientation agnatique (prééminence masculine, droit d’aînesse) qui coïncide avec une cristallisation lignagère autour des castra, des bourgs fortifiés mais que malgré ce, l’aristocratie languedocienne réserve encore à ses femmes un statut confortable. À côté des garanties matérielles, on peut relever la coutume qui consiste à donner dans les actes de mariage, à la jeune épouse une maison dans le village castral ou en ville, une « maison de dames » lui offrant ainsi en cas de répudiation ou de veuvage, un abri, une « parade » en quelque sorte, contre la promiscuité des sexes.

Dans une contribution inédite basée sur l’exploration des sources notariées contenant des vocables hébraïques dictés par des clients juifs à des tabellions chrétiens, Danièle Iancu évoque, pour sa part, la place des femmes juives à la fin du Moyen Âge en Provence, les temps forts qui ponctuent leurs vies, leur participation originale au sein de leur communauté aux côtés des hommes. On reste étonné par une certaine porosité entre les deux sociétés, par ces accommodements dans la vie quotidienne, par les rapports de bon voisinage entre juifs et chrétiens, tout cela même après les temps sombres qui ont suivi la Grande Peste de 1348.

Finalement, les actes de la pratique que cet ouvrage décrit nous font découvrir une source riche d’aperçus sur la vie des femmes de l’aristocratie. Elles n’étaient pas si fortement marginalisées dans la société médiévale ni subordonnées totalement au pouvoir arbitraire de leurs maris. Voilà de quoi nuancer la notion de « mâle Moyen Âge » chère à Georges Duby, notion fondée pour l’essentiel sur des textes littéraires et religieux tendant à présenter un portrait idéalisé de la société.

Ce colloque, en définitive, par la richesse de ses contributions et de ses échanges a montré une fois de plus qu’il est possible de faire de l’Histoire une matière vivante, ouverte au plus grand nombre, sans forfanterie ni pédantisme. Une belle leçon de culture mais sans doute la magie du site de Saint-Guilhem-le-Désert y est-elle pour beaucoup !

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